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Ècoutez une selection de rà dios Francaises. Les esprits ne s'apaisent pas. Si les libéraux crient victoire, beaucoup rentrant d'exil, les absolutistes, eux, se sentent lésés. Ils ne reconnaissent que Michel très populaire dans le pays. Celui-ci est agité par une quasi guerre civile lorsque Michel prête serment à la constitution. Autour de lui, on le pousse à se proclamer roi. Ce qu'il finit par faire en juillet 1828. Marie II fuit en Angleterre.
Michel rejette aussitôt la constitution et dissout l'assemblée. Cet acte a pour conséquence d'obliger chacun à choisir entre deux camps, entre absolutisme et libéralisme. Les libéraux se soulèvent mais la répression est violente. Une partie d'entre eux part en exil. C'est une véritable guerre civile qui débute.
Michel Ier exerce une autorité forte. Son gouvernement se révèle néanmoins aussi incompétent que les précédents. La situation économique est désastreuse. Dès 1829, les libéraux contre-attaquent: ils s'unissent et débarquent aux Açores dirigés par le Duc de Palmela. De là , ils préparent leur offensive. Par ailleurs, Pierre Ier, inquiet de la situation au Portugal, abdique en faveur de son fils, Pierre II le 7 avril 1831.
Il débarque aux Açores, avec le soutien des Français et des Anglais, afin de prendre la tête des libéraux et de rétablir sa fille sur le trône. Il se proclame régent du royaume et forme un gouvernement. Le 8 juillet 1832, ils débarquent à Porto avec 8000 hommes et 50 navires menés par le comte de Vila-Flor.
Les absolutistes contre-attaquent. Le roi et ses troupes se retrouvent coincés à Porto. La ville résiste héroiquement pendant plus d'un an. Cette guerre est inégale et meurtrière. La majorité du pays reste attachée à la monarchie. Le parti libéral rassemble surtout les milieux intellectuels. Elle ne fait qu'accroître la crise et la dépendance envers l'étranger.
La résistance de Porto va jouer un rôle fondamental dans l'adhésion de la population à la cause libérale. En juin 1833, une expédition, commandée par le Duc de Terceira, débarque dans le sud pour prendre les troupes absolutistes à revers. Ne rencontrant pas de résistance, elle prend Lisbonne le 24 juillet 1833 et forme un nouveau gouvernement.
Michel se réfugie à Santarém dans le but d'assiéger Lisbonne. Ses tentatives échouent. Les batailles de Almoster et d'Asseiceira donnent la victoire aux troupes libérales du Duc de Saldanha et du Duc de Terceira en 1834. Les généraux de Michel voyant leur cause perdue mettent fin à la guerre civile le 26 mai 1834 en signant les accords de Evora-Monte qui proclament une amnistie générale. Michel s'exile en Italie.
Le mariage est annulé et Marie II rétablie sur le trône. Marie II monte sur le trône avec le Duc de Palmela comme premier ministre. C'est un gouvernement conservateur qui inaugure cette monarchie constitutionnelle. D'ailleurs, jusqu'en 1850, la scène politique est dominée par des barons, des vicomtes et des parvenus de la grande bourgeoisie.
Si les absolutistes ont perdu la partie, les libéraux restent attachés à la monarchie. Ils sont pourtant divisés: d'un côté les chartistes au pouvoir, adeptes de la Charte de 1826 et d'une certaine autorité (les riches terriens, les commerçants...), de l'autre les septembristes, adeptes de la constitution de 1822 et d'une souveraineté nationale (les classes moyennes, les artisans, l'armée...).
La situation ne s'améliore pas pour autant: l'agriculture portugaise entre dans une crise qui va se prolonger jusqu'en 1850. De nombreux paysans quittent leur terre rachetée à bas prix par des citadins sans qu'ils ne les exploitent. L'expulsion des ordres religieux et la nationalisation de leurs biens en 1834 ne sont pas faits pour calmer les esprits. Le 8 septembre 1836, une nouvelle révolution éclate menée en réaction par l'armée et les classes moyennes: la révolution septembriste. Le gouvernement démissionne.
Le nouveau régime dominé par la figure de Passos Manuel proclame le retour de la constitution de 1822 et abolit la Charte. La reine convoque une assemblée constituante. Malgré de nombreuses réformes et une forte diminution du déficit budgétaire, le gouvernement autoritaire devient impopulaire et l'instabilité politique continue. Les gouvernements se succèdent. La reine tente même un coup de force, jugeant le gouvernement trop libéral: l'évènement, connu sous le nom de Belenzada échoue (3 novembre 1836).
Il est suivi par une autre révolte du même genre qui échoue aussi: la révolte des Maréchaux (12 juillet 1837). En 1838, une nouvelle constitution de compromis est imposée aux Cortes par Sà da Bandeira sous la pression des septembristes (révolte de l'Arsenal, 9 mars 1838). Elle prône la séparation des pouvoirs, le bicamérisme et un droit de véto pour le roi. Mais c'est Costa Cabral qui s'impose petit à petit comme l'homme providentiel.
Le 27 janvier 1842, après un coup d'état pacifique, celui-ci proclame le retour de la Charte. Il n'y aura plus de gouvernement septembriste. Cabral va diriger le gouvernement d'une main de fer avec le Duc de Terceira. Cette période est marquée par de violentes répressions contre l'opposition et de nombreuses réformes accompagnées de grands travaux publics. On assiste au retour de l'ordre et du progrès économique.
L'opposition progressiste divisée a du mal à se faire entendre jusqu'à ce qu'une loi de 1846 déclenche une nouvelle guerre civile. Cette loi vise à interdire les enterrements dans les églises comme cela se faisait. En mars 1846, un premier soulèvement populaire mené par des femmes de Fonte de Arcada, dans le nord du pays (Póvoa de Lanhoso) va donner son nom à ce mouvement: la Maria da Fonte.
Il faut dire que les campagnes vivent déjà mal la modernisation à marche forcée du monde rural, ajoutée aux récentes réformes fiscales et du recrutement militaire. La révolte se propage rapidement au nord puis à tout le pays, appuyée par l'opposition. Les troupes de Cabral se heurtent à des guérillas qui l'obligent bientôt à démissioner (17 mai 1846).
Le Duc de Palmela forme un nouveau gouvernement de coalition. Ce choix ne plaît pas à la reine qui cherche à rétablir Costa Cabral par la force: c'est l'Emboscada du 6 octobre 1846. Elle provoque aussitôt un nouveau soulèvement d'octobre 1846 à juin 1847: la Patuleia rassemble aussi bien à droite (les absolutistes, les partisans de Michel...) qu'à gauche, les septembristes et les partisans d'une république.
La monarchie menacée demande l'intervention de l'Angleterre, de la France et de l'Espagne. Cette fois, les rebelles déposent les armes lors de la convention de Gramido en juin 1847. Costa Cabral et Saldanha en sortent renforcés.