Ècoutez une selection de rà dios Francaises. Il tombe en disgrâce en 1777 après le couronnement de la fille de ce dernier: Marie Ire (1777-1786). Cette réaction prend le nom de Viradeira: on libère les prisonniers politiques (issus de l'Église et de la noblesse) et l'on met fin aux monopoles. Néanmoins la politique absolutiste va être poursuivie jusqu'en 1820. Empreinte d'une grande piété qui tourne parfois à la superstition, Marie Ire perd la raison après la mort de son mari (1786) et de deux de ses fils.
La Révolution française achève de la plonger dans la démence en 1791. Dès lors, c'est son fils, le futur Jean VI, qui assure la régence jusqu'à son intronisation en 1816. Mais le gouvernement est aux mains du Vicomte de Vila Nova de Cerveira et le restera jusqu'en 1800 assurant ainsi une certaine stabilité politique. Profitant des problèmes que connaissent ses voisins européens (Révolutions française et américaine, guerres napoléoniennes...), tout en restant neutre, le pays connaît alors une période de prospérité grâce au commerce du sucre, du tabac et du coton.
La justice seigneuriale est abolie. Les titres de noblesse perdent de leur importance. L'administration est uniformisée sur le territoire. C'est la bourgeoisie qui prend son essor. Les idées des Lumières pénètrent largement au Portugal avec la création de l'Académie des Sciences et le développement de la presse. Pourtant la censure menée par l'intendant de la police Pina Marques traque violemment les idées libérales. En 1778, les frontières définitives du Brésil sont fixées par le traité de San Ildefonso.
Si le pays réussit un moment à rester neutre, il n'a d'autres choix en 1793 que de rentrer dans la coalition anti-française au côté de l'Angleterre et de l'Espagne. Après la victoire française face aux espagnols (1795), Napoléon décide de faire payer aux Portugal son choix.
En 1801, il encourage l'Espagne à envahir le pays : c'est la Guerre des Oranges. Vaincu, le Portugal signe le traité de Badajoz (1801) faisant d'Olivenza une ville espagnole. Après la défaite de Trafalgar, le Portugal est en outre sommé de fermer ses ports aux navires anglais. Deux choix s'offrent à lui: obéir et perdre son allié au risque de le voir s'emparer de ses colonies ou se voir envahi par la France; perdre ses colonies ou perdre son indépendance.
Jean VI essaye de gagner du temps mais un ultimatum est lancé en 1807. Un plan prévoit même le partage du pays (le traité de Fontainebleau). Le 20 novembre 1807, les troupes françaises commandées par le général Junot traversent la frontière portugaise sans rencontrer de résistance arrivant à Lisbonne le 30 novembre.
Cet épisode est décisif, puisque, la veille, la famille royale quitte le pays pour le Brésil ouvrant ainsi la voie à sa future indépendance: en effet, Rio de Janeiro devient la capitale de l'Empire (entre 1808 et 1822), le Portugal est ramené au statut de colonie. Le Brésil profite de cette situation pour se moderniser et se doter d'une structure politique et administrative.
En 1810, il perd même son statut de colonie. C'est encore lui qui permet au Portugal de rester indépendant. Bataille de Vimeiro Une certaine résistance s'organise face à cette occupation. Dès juillet 1808, elle permet le débarquement des troupes anglaises de Lord Wellington suivies des batailles de Roliça et Vimeiro qui obligent les français à quitter le pays. Le pays passe cette fois sous tutelle anglaise puisque le général Beresford chargé d'organiser la défense se voit confier les pleins pouvoirs.
En 1809, une seconde invasion française menée par le maréchal Soult prend le nord du pays aussitôt repoussé par la coalition anglo-portugaise. Enfin, en 1810, une troisième invasion menée par Masséna et Ney à la tête d'une armée puissante est arrêtée lors de la Bataille de Buçaco avant que les troupes ne rebroussent chemin poursuivies par les troupes de Wellington. En octobre, elles quittent le Portugal avant d'être expulsées d'Espagne en 1814. Malgré la victoire, ces guerres laissent le pays ruiné et dévasté. C'est la fin du Portugal comme puissance européenne et maritime. Le roi Jean VI envisage même de rester au Brésil.