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Il mena une politique de prestige et se fit le protecteur des arts et des sciences.
Né à Lisbonne le 22 octobre 1689, Jean succéda à son père Pierre II en 1706. Époux de Marie-Anne d'Autriche, il prit le parti des Habsbourg contre Louis XIV dans la guerre de Succession d'Espagne mais fut battu par les Français à Almança (1707) et à Caia (1709).
Au cours de son règne, l'un des plus longs de l'histoire du pays, l'afflux des richesses du Brésil favorisa l'essor économique et permit à la cour de mener un train de vie fastueux.
Dès le début du règne, les Portugais connaissent une grave défaite aux côtés des Anglais à la bataille d'Almanza et presque tous ceux qui y ont participé sont tués ou fait prisonniers.
En 1708, alors que la guerre continue, Jean V et le roi Philippe V d'Espagne conviennent d'empêcher les hostilités contre les vignerons et les laboureurs. Le 7 mai 1709, les espagnols du marquis de Bay, victorieux dans les plaines de Gudina s'emparent du château d'Alconchel, en Estrémadure. L'année suivante, Bay contraint l'armée portugaise à l'inaction en l'empêchant d'entrer en Espagne.
Le 21 septembre 1711, les Français de René Duguay-Trouin prennent et rançonnent Rio de Janeiro. Le 11 avril 1713, la paix est signé à Utrecht avec la France, puis le 6 février 1715 avec l'Espagne. A l'exception d'une escadre envoyée pour soutenir le pape et Venise contre les Turcs, la suite du règne de Jean V se termine dans la paix.
En 1720, il supprime la Compagnie du Commerce du Brésil et rétablit l’exclusivité coloniale, tout en accordant des contrats à des entrepreneurs privés et maintient le système des convois, organisés sous l’autorité du Conseil des Finances. Ami des arts et des lettres, Jean V fonde l'Académie royale d'histoire de Portugal le 8 décembre 1720 ; il fait venir à Lisbonne Domenico Scarlatti pour que ce dernier enseigne le clavecin à sa fille Mara-Barbara.
En 1725, il obtient du pape Benoît XIII que les prisonniers du tribunal du Saint-Office soient défendus par des avocats. Malade durant les huit dernière années de sa vie, il laisse à sa mort en 1750 un royaume endetté, notamment auprès de la France, suite aux ralentissement des entrées d’or du Brésil, Jean V fit construire de nombreux monuments à Lisbonne et dans ses environs. À sa mort, le 31 juillet 1750, son fils Joseph Ier lui succéda.
Unique voiture royale du XVIIIe s. conservée dans les collections françaises, la berline du Musée Louis-Philippe est également la plus ancienne voiture de fabrication française conservée en France.
Cette voiture est l’une des vingt-quatre berlines de gala fabriquées à Paris en 1727 pour le roi Jean V de Portugal et commandé à l’occasion de la « Rencontre de Caia ».
Lors de cet événement diplomatique, les princesses du Portugal et d’Espagne sont « échangées » pour épouser, en 1729, les princes héritiers des deux couronnes ibériques.
Moins d’un siècle plus tard, en 1807, l’arrivée des troupes napoléoniennes au Portugal pousse le prince régent vers le Brésil. La berline traverse alors l’océan avec la famille royale mais revient en Europe après la chute de l’empire brésilien, le 17 novembre 1889.
Elle rejoint la Normandie en 1905 avec d’autres objets d’art et tableaux issus des collections impériales brésiliennes, à la suite de l’achat du château d’Eu par le comte d’Eu, petit-fils de Louis-Philippe, et de sa femme Isabel, fille de l’empereur Dom Pedro II.