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Ècoutez une selection de rà dios Francaises. Les richesses coloniales sont utilisées en grande partie pour de grandes constructions et non investies dans le modernisation des structures économiques du Portugal. Les minerais (or, diamant) trouvés au Brésil au XVIIe siècle n'enrichissent pas le Portugal mais au contraire ralentissent son économie comme cela a été le cas de l’Espagne avec les mines d’argent de PotosÃ.
Les deux pays ibériques n'ont cessé d’importer des produits manufacturés d’Angleterre en échange des minerais. Au bout de deux cents ans, les manufactures portugaises et espagnoles sont presque ruinées tandis que les Anglais ont de l’or, de l’argent, des diamants et une industrie. Le Portugal accentue sa confortable dépendance envers les colonies, l'acquisition facile de richesses pervertit les mentalités. Par ailleurs, le pays se fragilise avec la ruée vers l’or qui attire tant d’immigrés vers le Brésil qu’on doit freiner les départs vers la colonie.
Aux Indes, le commerce est si prospère que soldats et marins abandonnent le service du roi. Tout cela relativise la puissance du pays qui se révèle trop faible pour contrôler un si grand empire. Il ne peut jamais vraiment contrôler le commerce de la mer Rouge. Le handicap démographique est momentanément compensé par une incroyable organisation.
Tout cela a un coût et les Indes se révèlent un gouffre financier. Très vite, les Portugais doivent faire face à une vive concurrence française et surtout hollandaise. De 1550 à 1575, les Français occupent Rio de Janeiro. Les Hollandais vont encore plus loin en occupant tout le Nordeste brésilien et l’Angola (centre d’extraction des esclaves), de 1630 à 1654. Grâce à la colonie du Cap, les bateaux hollandais ont également une escale vers les Indes, l’Insulinde et ses précieuses épices.
La concurrence se faisant plus forte, le prix des produits importés baisse; or les coûts de fonctionnement du commerce augmentent ainsi que celui des produits de première nécessité; les revenus ne suivent plus. Le fossé se creuse entre le peuple et la bourgeoisie d'un côté et une élite privilégiée de l'autre. Manuel Ier L’invasion hollandaise étant indirectement dûe à l’union des deux monarchies ibériques en 1580, le Portugal fut impliqué dans la rivalité hispano-hollandaise tandis que toutes les fonctions importantes au Portugal tombèrent aux mains des Espagnols.
En outre, en 1496, Manuel Ier se préparant à épouser la fille des rois d'Espagne, ceux-ci fixent comme condition l'expulsion des juifs. Le roi ne peut se résoudre à se séparer de cette population très active dans la vie sociale et économique (que ce soit dans l'administration fiscale, l'artisanat, la médecine, l'astrologie, la cartographie...). Ils contribuent largement à la prospérité du pays. Il va donc utiliser la force pour les convertir: baptême forcés, enlèvement des enfants de moins de 14 ans afin de leur faire suivre une éducation catholique, fermeture des ports, confiscation des biens. Officiellement on ne parle plus de juifs au Portugal mais de nouveaux chrétiens (conversos) qui vont peu à peu être assimilés.
L'Inquisition va tout de même rendre leur vie difficile. La menace donnera lieu à une pratique occulte du judaisme alors que d'autres iront se réfugier en France ou en Hollande. Le pays perd de nombreux intellectuels. L'Inquisition, aura toujours intérêt à exagérer la menace que représentent les juifs et les hérétiques, justifiant ainsi sa propre existence. Elle va exacerber la haine populaire contre eux. Créée pour lutter contre la réforme et les courants hérétiques, elle n'aura jamais la même virulence qu'en Espagne, surtout que le pays sera peu touché par la Réforme.
En vérité, elle n'aura été introduite par le roi Jean III (1520-1557), en 1531, que pour renforcer son autorité et s'emparer des biens des prétendus hérétiques. Son action sera pourtant catastrophique dans le domaine culturel et scientifique (censure, autodafé...). Le pays tombe dans un fanatisme religieux.
On reproche aussi au roi de se laisser trop influencer par sa femme, Catherine d'Autriche, sœur de Charles Quint, soi-disant inféodée à la maison d'Autriche. Elle va chercher à renforcer encore les liens entre les deux couronnes par le mariage de ses enfants. Face à la crise financière, Jean III est amené à abandonner les places du Maroc (1541).