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Ècoutez une selection de rà dios Francaises. Le roi Louis Ier meurt en 1889. Son fils lui succède: Charles Ier. La monarchie déjà contestée de toute part n'a pas besoin de ce roi impopulaire. Le moindre prétexte est bon pour déclencher une contestation. Depuis la perte du Brésil, le Portugal s'est tourné vers l'Afrique et lance des expéditions à travers le continent (notamment celles de Roberto Ivens et Hermenegildo Capelo).
Le pays doit faire face à la vague expansionniste des autres pays européens en Afrique. Le 11 janvier 1890, un ultimatum anglais exige sous un faux prétexte que le Portugal retire ses troupes postées entre le Mozambique et l'Angola. Le Portugal ne cachait pas son objectif de réunir les deux colonies.
Ce projet est resté connu par la désignation de mapa cor-de-rosa (carte rose). Or, ce projet s'oppose aux plans anglais qui eux cherchent à réunir Le Cap et Le Caire.
Le gouvernement est obligé de céder. Cela provoque une vague d'indignation contre l'Angleterre et contre la monarchie.
Des émeutes éclatent face à cette humiliation nationale. Une première révolte républicaine échoue début 1891. C'est à cette occasion qu'est composé l'hymne national portugais .
On appelle au boycott des produits anglais. Une souscription publique est même organisée pour doter le pays d'un croiseur. Le Parti rébublicain capitalise sur ce mécontentement qui enfle et finira par renverser la monarchie. Il aura également une conséquence sur la conscience collective portugaise: elle marque ici son attachement à la nation et à son empire colonial, attachement qui aura des conséquences tout au long du XXe siècle. La méfiance et le pessimisme aggrave la crise économique qui débute.
L'instabilité politique domine avant que les gouvernements de Dias Ferreira et de Ribeiro, alternant jusqu'en 1906, ne rétablissent le calme et le rotativisme. Mais la frustration de la bourgeoisie vient remplir les rangs du Parti républicain. Les deux partis qui se succèdent au pouvoir, Régénérateurs et Progressistes, sont discrédités. Les dissensions apparaissent en leur sein-même.
En 1901, une loi vient autoriser les congrégations ayant un but éducatif. Cela va permettre le retour des ordres religieux qui avaient été expulsés du pays en 1834. Cette décision jouera un grand rôle dans l'évolution politique du pays au XXe siècle. En 1903, est créé le Parti nationaliste d'inspiration catholique.
En 1901, João Franco quitte le Parti Régénérateur et forme son propre parti: le Parti Régénérateur Libéral, adepte de la monarchie, de l'interventionnisme et d'un socialisme d'état. En 1906, la crise atteint son apogée: les obstructions sont systématiques, les réunions des Cortes sont agitées, aucune réforme n'avance. C'est alors que le parti de João Franco va s'unir au Parti Progressiste pour dénoncer la corruption de ce systême et mettre fin au rotativisme.
Le 19 mars 1906, il forme un gouvernement de coalition avec le Parti Progressiste. Mais dès le 10 mai 1907, soutenu par Charles Ier, il organise un coup d'État. La coalition est annulée, les Cortes dissoutes et il instaure une dictature. Il cherche à renforcer le pouvoir royal. Mais les mesures arbitraires, la violence de la répression unissent toute l'opposition contre lui.
Divers scandales finissent par discréditer totalement le régime. Le 28 janvier 1908, une tentative d'attentat contre João Franco pousse le roi à décréter l'interdiction de l'opposition franquiste. Un climat de terreur règne. Aucune mesure spéciale n'est prise pour le retour du roi à Lisbonne. Le 1er février 1908, celui-ci est assassiné par Manuel Buiça et Alfredo Costa.
Rendu coupable de la situation, João Franco est poussé vers l'exil. Manuel II, succède à son père à l'âge de 19 ans et nomme un gouvernement de coalition qui tente de ramener le calme. Mais son discrédit est total. Les républicains sortent renforcés dans les urnes. Il est clair que la résolution de tous les maux passe par la fin de la monarchie. Six gouvernements se succèdent en deux ans.
En juin 1910, les régénérateurs prennent le pouvoir. Le parlement est dissout. Et c'est la fin de la monarchie et le début de la république.