Restauration du pays- début de la dynastie des bragance

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Restauration du Pays - début de la dynastie de Bragance

Guerre d'acclamation

Refusant d'aller combattre en Catalogne, où les castillans étaient aux prises avec une rébellion militaire généralisée avec l'appui français, l'aristocratie portugaise prit le parti de combattre chez elle, pour ses propres intérêts

Tout concourt à ce que le Portugal se révolte contre la tutelle espagnole: la France d'abord, qui encourage l'ouverture d'un deuxième front dans sa guerre contre l'Espagne. La noblesse portugaise délaissée par Madrid et qui voulant éviter une révolution populaire comme en 1383 complote depuis 1637.

Ces alliances fragiles 

La France ne l'appuie que dans son propre intérêt, pour contrer le Royaume de Castille (et elle l'abandonnera en 1659 par le traité des Pyrénées). L'Angleterre est absorbée par ses propres problèmes internes, avec sa guerre civile entre le Parlement et le roi, et à partir de mai 1649 le Commonwealth de l'Angleterre mis en place par Cromwell rejettera son allié portugais pour intensifier la guerre aux Indes, et même sur sur son littoral.

La papauté a toujours été l'alliée de la Castille, et pendant 28 ans les églises portugaises se videront de leurs évêques, que Rome refuse de renouveler à mesure qu'ils meurent. À la paix de 1668, il ne restera qu'un évêque dans tout le Portugal. Le pape refuse aussi de recevoir l'ambassadeur portugais à Rome : celui-ci, dom Miguel de Portugal, évêque de Lamego, appartient à la maison de Vimioso, (c'est un Bragance de lignée illégitime). Il manque d'être assassiné dans une rue de Rome par l'ambassadeur de la Castille et ses valets, au cours d'une véritable bataille rangée, et doit quitter la ville sans avoir obtenu aucun résultat.

Le Portugal manque également de soldats : il doit recruter des mercenaires hors de ses frontières pour former ses troupes de de première ligne. Ses secondes lignes, dites Milícia, sont recrutées sur place. Il crée également de nouveaux instruments d'administration, un Conseil de guerre et un Conseil d'Outremer. Il décide aussi de remettre en fonction l'Ordenança, c'est-à-dire son armée territoriale de troisième ligne : c'est une armée de conscription, où les soldats étaient par ordre, d'où son nom. Créée à la fin du XVIe siècle par le roi Sébastien Ier, elle avait été supprimée par les Habsbourg.

Le Portugal met ainsi en place en peu de temps un formidable dispositif militaire coordonné en trois niveaux :

  • une première ligne concentrée sur ses trois grandes armées d'Alentejo, de Beira, et de Trás-os-Montes, mobiles et capables d'agir de concert ;
  • une deuxième ligne de milices régulières confiée aux fidalgos de province, plus mobile et vigilante sur l'ensemble de son territoire continental, et sur les quatre principales lignes traditionnelles d'invasion ;
  • une troisième ligne, l'Ordenança ou armée territoriale, couvrant tout le territoire portugais, avec tous ses hommes valides en armes mobilisés dans leurs municipalités, recrutée par les sargento-mor (grand-sergent), entraînés et conduits par les capitão-mor (grand-capitaine) de la noblesse locale. L'Ordenança est très avancée pour son temps, et très efficace. Elle permettra au Portugal, sur le continent ou dans son Empire, d'attaquer au plus tôt.

Dans le même temps, elle couvre ses deux grandes frontières avec la Castille, ainsi que sa ligne de côtes et ses îles, de nombreuses forteresses à la Vauban, grandes et petites.

C'est donc un pays très uni autour d'un roi très aimé, payant sans murmurer tous les impôts de guerre (refusés en bien moindre quantité à Olivarès peu auparavant) ; un pays tout en armes, entraîné massivement, que devront combattre les armées castillanes qui tardent à venir.

Ainsi, dès 1644, les forces portugaises lancent des incursions en Castille : Matias de Albuquerque conquiert la ville de Montijo en Extrémadure, puis, le 1644, remporte la seule bataille importante de cette période, la bataille de Montijo. Il est appuyé par dom João da Costa, le futur comte de Soure, et par le comte de Cantanhede, futur marquis de Marialva. Ce dernier conquiert en même temps l'importante place-forte castillane de Valencia de Alcántara, que le Portugal gardera jusqu'au traité de Lisbonne.

Les Açores et Madère leur servent de bastion. Le conflit avec les Pays-Bas et la guerre de Trente Ans menacent les places commerciales portugaises et les intérêts de la bourgeoisie. Même le clergé se plaint de la tolérance du roi envers les nouveaux chrétiens.

Les richesses du Brésil vont offrir les moyens de cette indépendance. Le prétexte à la restauration est donnée par une révolte en Catalogne contre laquelle les troupes portugaises sont sollicitées. Le Comte d'Olivares convoque le Duc de Bragance à Madrid pour le nommer à la tête de ces troupes.

Il espère apaiser les mécontents et priver le mouvement de son chef. Le 1er décembre 1640, un groupe de jeunes nobles s'empare du palais gouvernemental. Ils vont chercher Jean de Bragance qui appartient à la famille la plus puissante du royaume et seul capable de rassembler le peuple sur son nom.

Le 15 décembre, il est proclamé roi, le premier de la dynastie de Bragance. Une longue bataille diplomatique commence pour faire reconnaître cette indépendance parfois au prix de concessions commerciales faites à l'Angleterre. L'Espagne est d'abord trop occupée en Catalogne pour s'y opposer. Mais la lutte reprend en 1657. Pendant cette période, on assiste à un déclin de la bourgeoisie au profit de la noblesse.

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